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Paracétamol et grossesse : qu’en pense la science ?

Analyse de la bibliographie scientifique récente concernant l’usage du paracétamol pendant la grossesse.

Le 22 septembre 2025, Donald Trump a affirmé que les femmes enceintes « ne doivent pas prendre » de paracétamol, évoquant un risque accru d’autisme chez l’enfant. Que disent réellement les travaux scientifiques disponibles dans la bibliographie fournie ?

Les publications analysant spécifiquement le paracétamol pendant la grossesse soulignent son statut d’analgésique de référence et l’absence de signaux conclusifs sur des effets graves au niveau neurodéveloppemental. Une revue récente décrit en effet le paracétamol comme l’antidouleur et antipyrétique « préféré » chez la femme enceinte et rappelle qu’il est largement utilisé dans ce contexte (Tadokoro-Cuccaro et al., 2022).

Certaines recherches étudient les mécanismes biologiques potentiels du médicament, notamment ses interactions avec des voies hormonales ou métaboliques. Par exemple, des travaux ont examiné des perturbations endocriniennes liées à l’acétaminophène, sans pour autant avancer de conclusions directes sur l’autisme (Hernandez-Moreno et al., 2022). Ces données sont exploratoires et ne permettent pas d’établir un lien causal avec un trouble du neurodéveloppement.

Pour situer le paracétamol parmi les autres antalgiques, une synthèse large sur les médicaments en automédication pendant la grossesse rappelle que les analgésiques couramment disponibles — dont le paracétamol — font l’objet d’évaluations régulières de sécurité, mais que les preuves solides concernant des risques à long terme restent limitées et hétérogènes (Hendrickson et al., 2020). Là encore, aucune assertion ne porte précisément sur l’autisme.

D’autres publications de la bibliographie portent sur la prise en charge générale de la grossesse et la sécurité des traitements, sans traiter directement du paracétamol. Elles situent toutefois l’enjeu global : protéger la santé maternelle tout en assurant un rapport bénéfice-risque cohérent pour le fœtus (Al-Abdullah et al., 2023 ; Guseva et al., 2024 ; Stulberger et al., 2025). Ces articles rappellent la complexité de la pharmacologie périnatale, sans fournir de données en lien avec l’hypothèse avancée publiquement.

En résumé : que montre la science ?

Les références disponibles ne documentent aucun lien établi entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et un risque d’autisme. Elles confirment que le médicament est largement utilisé, qu’il fait l’objet de recherches actives, et que certaines études examinent des mécanismes biologiques potentiels — mais sans conclusions affirmatives sur un lien avec des troubles du neurodéveloppement.

Sources utilisées

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